Fonctionnement d'une AMAP
Les fondements et le fonctionnement des AMAP sont inscrits dans la charte des AMAP. Cette page a pour objectif de décliner ces principes en fonctionnement concret de l'AMAP.
LES AMAP : APPLIQUER LES 6 PRINCIPES
Pour développer et faire vivre les fondements des AMAP
1. L’engagement des consom'acteurs
a- L’engagement d’achat à l’avance
Recommandations : rédaction d’un contrat de préfinancement (cf. I. Paiement de tout ou partie des produits avant leur distribution. Paiement total à la signature en une ou plusieurs fois. Pas d’ajustement du coût du panier d’abonnement en cours de saison (assimilation à un marché, car il y a échange d’argent à la fin du contrat). C’est légalement possible néanmoins (nécessite autorisations préfectorales ou municipales). Organisation d’une période de test préalable à l’engagement contractuel. Tous les engagements se prennent au même moment, en « début de saison », lorsque il est possible de satisfaire l’offre de paniers du producteurs dès le départ.
Possibilités : la vente directe, type « marché de producteurs », pourvu qu’elle soit motivée.
b- La solidarité
Recommandations : stipuler dans le contrat l’acceptation d’un panier moins garni en lien avec les aléas climatiques. Prévoir des moyens de discussion et régulation en cas de production inférieure et supérieure aux prévisions du producteur. Organiser un Comité de l’AMAP pour soutenir le(s) producteur(s) partenaire(s) en fonction de ce que ce dernier accepte. Rechercher des alternatives pour la solidarité avec des consommateurs moins aisés, mais aussi pouvant être freinés par d’autres conceptions de consommation (réflexions avec des travailleurs sociaux, des personnes en difficulté financières, des personnes non-habituées à consommer des produits de qualité.
c- La participation
Recommandations : Un Comité de l’AMAP (ou Conseil d’Administration) pour l’organisation des distributions, les visites des fermes partenaires (cf.I, la promotion de l’AMAP, la relation avec le réseau des AMAP (Comité de Développement) et l’organisation de bilans de saison (évaluation de l’application des 6 principes de l’AMAP et questionnaire de satisfaction des consommateurs – cf. I. Chaque adhérent participe à une action au moins une fois dans l’année (lien producteur consommateur pendant la distribution, atelier, débat ou action collective (cf. I). Tenue d’une liste d’adhérents (contractualisants). Gestion des listes d’attente. Tenue d’une feuille de distribution par produit et par producteur. Tenue d’un budget. La structuration en association loi 1901 (cf. I. Organisation d’ateliers de réflexions et d’actions pour le développement d’une agriculture paysanne et biologique (débats, ateliers pédagogiques sur les fermes partenaires, soutien à l’installation, actions sur le foncier agricole) sachant que le producteur doit rester maître de ses choix.
Possibilités : Gestion de la remise régulière des chèques aux producteurs.
2. L’engagement des paysans
a- La production
Recommandations : Maîtrise des techniques de production pour une exploitation en vente directe (cf. I. mise en œuvre des critères d’une agriculture paysanne. Organisation de la production pour une distribution régulière (calendrier prévisionnel). Gestion des défections et surproductions. La proximité entre la ferme et le lieu de livraison.
b- La transparence
Recommandations : Répondre aux questions des consommateurs. Se référer au cahier des charges de l’agriculture biologique et à la charte de l’agriculture paysanne pour expliquer ses contraintes, spécificités et atouts. Communication sur les conditions et aléas de production et recherche de solutions (ex : dates de distributions + souple pour les fruits, report du contrat en cas de défection. Expliquer sa « politique de prix » (cf. I. Faire un auto-diagnostic ou faire appel à un technicien agricole pour mieux évaluer ses pratiques au regard de l’agriculture paysanne et biologique.
c-La pédagogie
Recommandations : Visite de ferme. Expliquer la ferme par oral et un support écrit. Développer des outils pédagogiques et de liaison avec les consommateurs (feuille de chou, ateliers à la ferme, techniques d’animation, site Internet…)
3- Les outils pour l’application des 6 principes
a-Pour l’abonnement : le contrat
Recommandations : Il précise les modalités d’engagement des consommateurs (abonnement, solidarité, participation) et des producteurs (régularité, transparence, pédagogie) et leurs coordonnées. Il stipule les produits distribués par le producteur partenaire au consommateur contractualisant (à partir d’un planning de production et de distribution joints en annexe) et le lieu, jour, créneau horaire, la périodicité de la distribution et la durée du contrat, le coût global et la régularité des encaissements par le producteur. Il fait référence à la charte des AMAP, et notamment à la transparence du producteur vis-à-vis de la charte de l’agriculture paysanne et du cahier des charges AB des produits distribués. Il informe sur les cas de non-retrait des produits. Il est signé du producteur, d’un référent de l’AMAP et du consommateur. Il renvoie au règlement intérieur (organisation) de l’AMAP. Il stipule le nombre de paniers maximums que peut fournir le producteur, le cas échéant. Il peut prévoir un co-adhérent pour permettre à des personnes seules de contractualiser pour un panier qui serait trop important pour elle. Prévoir une période de test (produits, système) préalable à l’engagement pour les producteurs, comme pour les consommateurs intégrant le système.
Possibilités : rédiger un calendrier de distribution prenant en charge les éventuelles périodes de congés des consommateurs. Les paniers non retirés peuvent être donnés à une association caritative, aux bénévoles qui assurent la distribution. Il peut prévoir les méthodes utilisées pour rendre les AMAP accessibles à un plus grand nombre (coût moins élevé en échange de l’autocueillette, pondérations du coût du contrat en fonction des revenus, partenariat avec des travailleurs sociaux, aide alimentaire…). Il intègre un reçu pour l’engagement du consommateur.
b- Pour la production : les techniques
Recommandations : Afin de développer des techniques de vente directe, les partenaires pour une agriculture citoyenne et territoriale sont les acteurs les mieux qualifiés (Avec, Civam, Confédération Paysanne, Corabio, Réseau Cocagne, Terre de Lien). Pour les aspects techinques, le réseau des Chambres d’Agriculture peut parfois être utile.